Alexandre Cadieux, culture, théâtre et histoire

Nicolas Chamberland

Alexandre Cadieux, culture, théâtre et histoire - Nicolas Chamberland

Enfance et adolescence

À l’occasion du 300e anniversaire de la ville de l’Assomption, Alexandre Cadieux, un natif de la ville du portage ayant percé dans le domaine du journalisme culturel, a été interviewé pour nous parler de son histoire d’amour avec la ville de son enfance.

Dès son plus jeune âge, Alexandre assistait, en compagnie de sa sœur et de sa mère, aux pièces de théâtre amateur qu’organisait son père, Jacques, au Théâtre le Carillon qui se situait à l’emplacement du Théâtre Hector-Charland que l’on connait aujourd’hui. Alexandre est alors séduit par la possibilité d’être comédien un jour; bien des années plus tard, il participera d’ailleurs à une pièce organisée par son père avec sa troupe Le Théâtre en ville.

Le fils du professeur de littérature au Collège de L’Assomption (Cégep privé à l’époque) et récipiendaire du Laurier d’Argent 2016 obtiendra son diplôme d’études secondaires dans cet établissement scolaire. Il quitte ensuite le domicile familial à dix-sept ans pour poursuivre des études collégiales à Montréal.

Parcours universitaire

Le parcours académique d’Alexandre est représentatif de ce à quoi il se consacre aujourd’hui. Il complète un diplôme préuniversitaire en théâtre, étudie la pédagogie du théâtre et sa critique à l’université et y termine ensuite une maîtrise en histoire du théâtre. Il compte d’ailleurs achever un doctorat dans le même domaine, en abordant les thèmes de l’histoire et de la mémoire.

Le jeune Assomptionniste envisage ensuite de se diriger vers une carrière d’enseignant. Il dit avoir été marqué par certains mentors passionnés qui, parfois sans le savoir, l’ont encouragé dans son parcours par leur passion. Il remercie entre autres son père qui l’a traîné dans les théâtres, ainsi que Gilles Gélinas, professeur de français et de théâtre au Collège de L’Assomption. Ce dernier lui a transmis le goût de continuer dans la voie qui l’attirait.

Débuts d’une carrière universitaire et journalistique

Aujourd’hui, Alexandre enseigne l’histoire du théâtre québécois et la critique dramatique à titre de chargé de cours à l’Université d’Ottawa et à l’Université du Québec à Montréal. Il est aussi l’auteur de plusieurs chroniques et critiques de théâtre au prestigieux journal Le Devoir dans lesquelles il apporte une profondeur contextuelle historique depuis maintenant onze ans. Tout en développant sa carrière, il a même fondé une famille.

Reconnaissance envers son père

Mais revenons au père d’Alexandre, Jacques Cadieux qui mériterait, lui aussi, le titre de citoyen d’exception! Ce dernier semble avoir eu un impact important sur le choix vocationnel d’Alexandre. M. Jacques Cadieux, bien connu des Assomptionnistes, a enseigné pendant plus de trente ans au cégep de L’Assomption et se retrouva, alimenté par sa passion, à animer les groupes de théâtre du collège et à diriger des troupes étudiantes et de théâtre amateur. Alexandre suivait son père et accumulait les heures de bénévolat au Théâtre le Carillon, à l’Oasis du Vieux palais, à la vieille chapelle du collège et plus tard, au théâtre Hector-Charland. Alexandre, comme tout le monde à l’Assomption, aura été marqué par le terrible incendie qui a ravagé le Carillon en 1988 mais aussi et surtout par la déception de son père suite à cet événement.

Alexandre a joué quelques fois sur les planches du théâtre Hector-Charland particulièrement à titre d’arbitre, animateur et dramaturge pour la Ligue Nationale d’Improvisation. Il a aussi travaillé au bureau touristique du Palais de justice de L’Assomption, ce qui lui a permis d’accumuler des connaissances sur l’histoire locale.

Attachement durable à L’Assomption

Selon Alexandre, la culture à L’Assomption est «exceptionnelle». Il voit le théâtre comme une opportunité formidable de développer, jeune, un langage, des moyens d’expression ainsi qu’une présence. «Se souvenir d’où on s’en va» lui paraît une expression juste pour expliquer son attachement à l’histoire de l’art et ses vœux pour la ville de l’Assomption fêtée. Il reconnaît d’ailleurs qu’un petit «quelque chose» est né dans sa communauté natale et il espère bien pouvoir un jour renouer avec son milieu d’origine.

Un souvenir de spectateur : Alexandre a assisté il y a quelques années à Montréal de la pièce jouée par une troupe néérlandaise. Cette représentation l’a marqué. Les trois pièces de Shakespeare sur l’histoire romaine (Coriolan, Jues César, Antoine et Cléopâtre) étaient mises dans un contexte actuel avec des costumes modernes. Dans un décor qui créait comme un centre des congrès, les comédiens et le public pouvaient s’asseoir et regarder la représentation de l’intérieur. La pièce portait sur l’exercice du pouvoir, la démocratie, la violence, bref, des questions que l’on se pose encore aujourd’hui, démontrant l’intemporalité des questions que soulevait Shakespeare.