Eugène Vincent, l’homme qui ne donne jamais assez

David Clark, Aïcha Van Dun et Véronique Doucet

Eugène Vincent, l’homme qui ne donne jamais assez - David Clark, Aïcha Van Dun et Véronique Doucet


À première vue, le bénévolat à L’Assomption, ça ne saute pas aux yeux des gens. Par contre, lorsque j’ai rencontré M. Eugène Vincent, directeur de l’organisme La Maison La Trace, j’ai été ébloui par son engagement dans notre communauté. C’est un homme qui veut toujours faire davantage, préférant donner plutôt que recevoir.

Le charme de L’Assomption

Eh bien, je ne m’attendais pas du tout à ce que ce cher bénévole au grand cœur ne soit pas originaire de L’Assomption. En fait, son parcours a débuté à Buckingham, dans la Vallée des Outaouais.

Après un détour par Montréal en 1967, Eugène Vincent établit un premier contact avec les gens de L’Assomption. En 1978, il fait le grand saut et décide de s’acheter une maison ici, malgré le long trajet qu’il devait emprunter chaque jour pour aller travailler. M. Vincent, comme il me l’a si bien expliqué, prend alors racine dans notre ville. Après y avoir vécu plus de trente ans, il m’a dit qu’il considère L’Assomption comme étant sa ville à lui. S’il l’a choisie, c’est parce qu’il aimait l’esprit convivial des gens d’ici ainsi que le mélange de ville et de campagne. Il voit à L’Assomption une certaine beauté rurale qu’on ne voit pas dans les grandes métropoles comme Montréal.

Le chemin vers l’altruisme

Malgré qu’on ne naisse pas bénévole, Eugène Vincent a tout de même commencé ses actes charitables tôt dans sa vie. Alors même qu’il travaillait pour Bell Canada, il trouvait du temps pour participer à des activités bénévoles. Parmi les nombreux bénévoles que je connais, M. Vincent se démarque radicalement par le nombre d’organismes auxquels il a prêté main forte.

À partir de 1979, Eugène Vincent ne s’est jamais arrêté de donner aux gens autour de lui. Les dernières années, il est même allé en Bolivie à neuf reprises comme volontaire bénévole. Neuf fois! Ce n’est pas rien, quand même! Il a aussi fait un séjour au Pérou pour les mêmes motivations qui l’ont poussé à aller travailler en Bolivie. Mais ce n’est pas tout! Il a été coprésident de l’Association du Hockey mineur et bénévole pour les services des loisirs ainsi qu’à la guignolée.

Malgré que personne ne naisse altruiste, Eugène Vincent nous démontre clairement que certaines personnes ont un don inné pour redonner aux autres. Lorsqu’il a constaté à quel point j’étais impressionné par son dévouement, il m’a répondu avec une phrase dont je vais me souvenir toute ma vie : « On donne beaucoup, mais je crois qu’on reçoit toujours plus qu’on donne! ». On dirait bien que la gratitude de ceux qui l’entourent lui est indispensable...

La Trace de L’Assomption

En 2001, Odette Thivierge, la directrice de La Maison La Trace, un organisme qui a pour but de briser l’isolement, propose à Eugène Vincent de s’intégrer à son équipe de responsables. Il accepte sans hésiter! Il fait d’abord partie du conseil d’administration à titre de secrétaire. Puis au printemps dernier, il a accepté de prendre la relève comme président du conseil et directeur de l’organisme pour soulager Odette des lourdes responsabilités qu’elle assumait depuis quinze ans.

Vous me direz que la Maison La Trace est loin d’être le seul organisme bénévole de notre municipalité. Oui, c’est vrai. Notre ville regorge d’organismes tels que la Société Saint-Vincent-de-Paul, les Services Amitiés au Vieux Palais, la Popote Roulante ou les Chevaliers de Colomb. Malgré cela, La Maison La Trace occupe une place de premier choix, entre autres grâce à sa bâtisse ancestrale située rue Ste-Ursule, mais surtout en raison de sa vocation particulière. D’ailleurs, Eugène Vincent est convaincu que l’organisme qu’il dirige aura toujours sa place à L’Assomption, même dans dix ans!

Vous insistez et me demandez quel est l’objectif de La Trace? « Briser la solitude, c’est ça la première raison d’être de La Maison. Tendre la main aux gens mal pris… Aider les amis à repartir dans la vie», répond le directeur lorsque je lui pose la question. Il ajoute aussi que même si on est entouré de monde, on peut se sentir seul et isolé. C’est pourquoi il invite les citoyens de L’Assomption à venir faire un tour pour s’asseoir avec les bénévoles et leurs amis afin de fraterniser, en prenant un bon café ou encore en participant à l’une des activités organisées par les responsables.

Justement, parlons un peu des bénévoles. Selon Eugène Vincent, les bénévoles sont la richesse de La Trace, mais aussi celle de L’Assomption en général. Dans l’organisme qu’il dirige, chaque bénévole prend la responsabilité d’une activité qu’il souhaite organiser : pique-nique estival, cueillette de pommes à l’automne, atelier de tricot, création de bijoux, atelier de yoga, souper fraternel, Journée mondiale d’élimination de la pauvreté le 17 octobre, etc.

Au cours de l’année 2017

Cette année, L’Assomption fête son 300e anniversaire. Trois cents ans de traditions bénévoles de la part de notre communauté. J’espère et je souhaite que La Maison La Trace puisse continuer à accueillir les gens qui en ont besoin. En 2017… et pour de longues années encore!