Frans Van Dun, le fils adoptif de L'Assomption

Tristan Jolicoeur et Gabriel Desrosiers

Frans Van Dun, le fils adoptif de L'Assomption - Tristan Jolicoeur et Gabriel Desrosiers


Immigrant, marié à une Québécoise, père de trois filles, enseignant, journaliste, amoureux de sa ville d’adoption qui le lui a bien rendu.

Un immigrant se disant «fils adoptif de L’Assomption», cela intrigue et parait surréel, non? Pourtant, c’est bien le cas de monsieur Frans Van Dun.

Originaire d’Europe, ce Belge flamand est un personnage grandiose qui rayonne dans la petite ville de L’Assomption de par ses engagements et la diversité de ses talents.

Après avoir obtenu en Europe son diplôme d’enseignant et avoir travaillé pour le ministère des Affaires étrangères au département de la coopération internationale, M. Van Dun vient s’installer au Québec en 1972, encouragé d’abord par l’amour pour sa future épouse abitibienne et ensuite par son désir et la possibilité de travailler en notre belle province.

M. Van Dun a commencé par enseigner à l’école Jean-Baptiste-Meilleur de Repentigny et ensuite il se porte volontaire pour travailler dans la nouvelle école polyvalente Paul-Arseneau à L’Assomption. Ce choix était motivé par le défi de lancer une nouvelle école et en même temps par son attachement à la petite ville de L’Assomption. Comme il l’a bien spécifié lors de notre entrevue, son amour pour L’Assomption s’enracine d’abord dans sa géographie, en particulier le méandre de la rivière qui en fait une presqu’île.

Pour lui, L’Assomption «ça ressemblait un peu à [son] village d’origine surtout à cause de l’esprit communautaire.» Puis, peu à peu, son amour pour le village s’est transformé et approfondi. Il se «sent dans son élément», comme enseignant de la nouvelle école secondaire et dans son nouveau milieu. Il commence dès lors à créer des liens particuliers avec ses élèves et par le fait même, avec leurs parents. Il aime donner ses cours à la place publique (l’agora), à l’extérieur de sa salle de classe pour que tous puissent y assister, même les passants.

Voulant mettre cette nouvelle école «sur la map», M. Van Dun profite du fait qu’il enseignait au fils du directeur du journal local, M. Marcel Hamel, pour faire connaître l’école à l’opinion publique. Il a publié un premier article sur Paul-Arseneau dans Le Portage et commence peu à peu à s’intégrer dans la petite communauté et à découvrir son goût pour l’écriture. Il devient notamment président du Comité de parents de l’école Marguerite-Bourgeois, photographe de mariages, s’implique dans le domaine municipal, met sur pied une grande manifestation avec ses élèves pour garder le second cycle d’enseignement à l’école Paul-Arseneau, organise une marche de solidarité, fonde la boîte à chansons et plus récemment le Club de photo de L’Assomption. Les hauts faits de cet homme ne s’arrêtent pas là et ne cessent de s’accumuler au fil des ans.

Au travers de ces activités effectuées pour la ville, M. Van Dun commence à écrire dans le nouveau journal L’Hebdo Rive-Nord une chronique hebdomadaire sur la vie sociale et culturelle de L’Assomption et en reçoit de bons commentaires. Le journalisme devient dès lors sa principale passion.

Puis, L’Hebdo Rive-Nord vit d’importantes difficultés financières et passe aux mains d’une grande entreprise qui bannit les chroniques hebdomadaires des collaborateurs extérieurs et priorise les publicités payantes, ce qui est pour M. Van Dun une décision inacceptable. Il décide donc de démarrer en 1988 son propre hebdomadaire.

Au départ, chaque numéro compte quatre pages. Le fondateur fait tout lui-même : de l’écriture à la distribution dans les tabagies pour que les gens puissent prendre leur exemplaire de L’Écrivain public.

Tout en restant très humble, M. Van Dun nous présente un des divers prix qu’il a reçus, comme le prix régional de la Société nationale des Québécois à Joliette, la médaille Charbonneau-Rioux de 1991.

Il dirige L’Écrivain public pendant sept ans puis c’est M. Alain Beauchamp qui prend la relève pendant 21 ans. Malheureusement, à la fin de l’année 2015, M. Beauchamp a dû quitter son poste à cause de multiples raisons, autant économiques que personnelles.

En 1999, Frans Van Dun coécrit le livre L’Assomption, au fil de l’eau et des passions , et en 2005 il publie Tout quitter pour la liberté . Il travaille à ce volume pendant deux ans, à rencontrer cinq familles de réfugiés et à conter leurs histoires.

Lors de notre rencontre, M. Van Dun nous parle avec sagesse, sagesse qui ébranle positivement les esprits de ce monde.

Cette phrase simple nous rapproche beaucoup de ce que Fred Pellerin nous contait dans L’Arracheuse de temps : « Tu sauras que ça [prend] un village pour faire grandir des enfants, mais c’est surtout que ça [prend] des enfants pour faire grandir un village ».

Cette manière de pensée formulée par deux personnes différentes nous ramène aux réalités essentielles d’un village : l’entraide. L’implication. M. Van Dun s’investit dans divers projets à L’Assomption en suivant cette maxime importante et devient par ce fait, un citoyen important pour sa communauté.

Le dernier exploit de monsieur Van Dun est d’être un des douze ambassadeurs du 300e anniversaire de la ville de L’Assomption en 2017.